JMEC Niger: une première édition 

“Nous avons réussi à le faire, ça a permis de montrer aux différents participants mais aussi aux observateurs qu’il y a quelque chose à faire et surtout de montrer qu’il y a la possibilité d’intervenir à notre échelle” 

 

Idriss Louali-Abdou

 

 

Idriss Laouali Abdou, membre du collectif Different Leaders depuis 2014, a organisé la première édition de la Journée Mondiale de l’égalité des chances au Niger. L’objectif ? Permettre aux jeunes de découvrir leurs options d’orientation, à travers son application Karatou Post Bac, lauréate du concours French Tech Tremplin. 

 

 

 

Pourquoi avoir organisé une Journée mondiale de l’égalité des chances au Niger et peux-tu nous raconter comment elle s’est déroulée ? A-t-elle pu se dérouler en présentiel en dépit de la crise ?

 

 

 

I.L-A: On a voulu organiser une Journée Mondiale de l’égalité des chances au Niger car elle englobe beaucoup de thématiques. On a choisi le thème de l’orientation scolaire avec le partenaire local qui est Karatou Post Bac. Au Niger, on a organisé 3 évènements : un évènement 100% en ligne qui faisait suite à un appel à candidature qu’on a lancé pour recruter les jeunes Ambassadeurs de l’orientation et deux autres événements en présentiel ouverts à tout public. Ces évènements ont eu lieu pendant 3 jours différents à Niamey et Maradi. Le point commun entre ces différents événements c’est qu’ils ont été les premiers de ce type à être organisés pour les participants, mais aussi pour les intervenants qui étaient enchantés de pouvoir discuter avec les lycéens afin de leur raconter leur parcours et leur donner des conseils.

 

 

 

Où en est-on aujourd’hui par rapport à l’égalité des chances au Niger ? Est-ce un sujet qui va de soi ?

 

 

 

I.L-A: L’égalité des chances au Niger, c’est un vaste sujet de telle façon que beaucoup n’y croient même pas. Pour information, j’ai organisé un débat télévisé sur ce sujet-là un dimanche juste avant la JMEC où on avait des acteurs de la société civile qui me disaient que l’égalité des chances c’est une chose à laquelle personne ne croit au Niger parce qu’il y a tellement d’inégalités sociales ! J’ai répondu que si tout le monde devait se reposer sur la réalité sans porter aucune action, on n’avancerait pas. L’objectif pour nous de cette JMEC au Niger c’était déjà d’emboiter le pas sur la réflexion mais aussi sur la mise en place d’actions qui irait dans le sens de la réduction de ces inégalités.

 

 

 

Quels étaient les autres objectifs de cette première JMEC ? Les avez-vous atteints ?

 

 

 

I.L-A: C’était d’une part, ouvrir la discussion sur ce sujet qui est l’inégalité des chances qui n’intéresse personne car il est très vaste et parce qu’il y a beaucoup de travail. Nous avons réussi à le faire. La JMEC a permis de montrer aux différents participants mais aussi aux observateurs qu’il y avait quelque chose à faire, qu’il y avait la possibilité d’intervenir à notre échelle. L’idée sous-jacente était d’ouvrir la réflexion sur la possibilité d’organiser ce type d’événements au Niger par d’autres acteurs que nous (les DL ou Karatou Post Bac). L’idée était d’inspirer les associations, les lycées, les groupes de jeunes pour les inciter à organiser eux aussi l’année prochaine, des événements pour la JMEC. Pourquoi ne pas avoir des événements sur tout le Niger ? L’objectif de l’année prochaine, c’est que la JMEC devienne nationale, qu’on puisse l’organiser dans beaucoup plus de villes. C’est surtout aussi de l’organiser avec d’autres structures et des partenaires locaux pour avoir plus d’impact.

 

 

 

Quel impact aura la JMEC Niger sur le long terme ? 

 

 

 

I.L-A: L’impact est multiple. L’information est une des ressources les plus inestimables qu’on puisse avoir. Ayant apporté l’information aux centaines de jeunes qu’on a pu rencontrés, cela va les aider dans la construction de leur projet d’études et dans la réalisation de leur projet professionnel mais ça pourra aussi être bénéfique à d’autres jeunes. Quand vous formez un jeune, vous formez aussi tous les jeunes que ce jeune va à son tour former et ainsi de suite. C’est une chaîne de transmission qui peut facilement être créée et c’était ça aussi l’objectif de la JMEC et de toutes ces rencontres. 

 

 

 

 

 

 
Quels ont été les retours des participants ?

I.L-A: Les participants ont été déjà très enthousiastes à l’idée d’avoir rencontré ces personnes avec différents types de profils. Ils étaient inspirés pour la plupart et se sont découvert de nouveaux horizons, de nouvelles possibilités pour leurs études.

Quels conseils donnerais-tu pour organiser une JMEC ? 

I.L-A: Le plus important c’est d’identifier la problématique ou bien l’inégalité qu’on veut traiter pour construire un projet ou un programme qui permettra de répondre à cette question là. Une fois la problématique identifiée, il faut aussi se définir des objectifs simples. Beaucoup de personnes pour la JMEC se mettent des défis et beaucoup de challenges alors que l’événement devrait d’abord impacter et profiter aux gens. Il faut démystifier cette vision de super challenge que des personnes vont avoir. En tant qu’étudiant par exemple, si moi j’ai envie d’organiser un évènement, je peux l’organiser dans un lycée, avec mes camarades ou mes amis, qui peut regrouper 10 personnes.

Beaucoup se mettent des barrières pour organiser une JMEC alors que nous avons une boîte à outils disponible sur le site qui permet à tout un chacun de s’approprier les démarches d’organisation mais surtout les types d’ateliers à organiser.

Si la personne a envie d’organiser, il ne faut pas qu’elle se mette des limites. Il faut qu’elle consulte les ressources en ligne pour pouvoir être accompagnée dans un premier temps et échanger avec les gens qui l’ont déjà organisée.

 

Que t’as permis cette JMEC ? 

I.L-A: Avant la JMEC,  je savais déjà qu’il y avait un gros besoin sur le sujet de l’orientation scolaire sur lequel on travaille depuis longtemps. Cette JMEC m’a permis d’aller plus loin dans les activités qu’on fait sur place. C’est la première fois que je pars dans une autre ville différente de Niamey et j’ai découvert qu’il y avait une grosse problématique sur place, qu’il fallait qu’on agisse. C’est certain qu’on organisera une JMEC l’an prochain au Niger et dans d’autres pays.

Quelle anecdote as-tu à nous raconter ? 

I.L-A: Il y a eu beaucoup de messages envoyés sur le groupe WhatsApp des Ambassadeurs et Ambassadrices. Certains ambassadeurs n’ont pas pu participer et ont donc demandé à ceux qui étaient présents de leur raconter ce qui c’était passé. Voici quelques retours que j’ai sous les yeux: “C’était captivant d’autant plus que les intervenants étaient exceptionnels et inspirants, ils ont partagé avec nous leurs parcours et ont répondu à nos différentes questions”, “ils étaient très didactiques, j’étais personnellement exaltée de cette rencontre” ou encore “Quelle chance d’y participer !”

On était tous émus de pouvoir participer à ce genre d’événement ! Voici quelques images de la JMEC Niger en vidéo